Mercenaire - La critique de Cédric et Louis

Publié le par Insup

Sacha Wolff raconte dans Mercenaire, l'histoire d'un jeune rugbyman Wallisien, Soane, qui se fait remarquer par Abraham, un recruteur sportif. Ce dernier le promet à un entraîneur d'un club du Sud-ouest de la France. Il décide donc de partir en métropole malgré l'opposition dictatoriale de son père. Arrivé en France, il est livré à lui-même suite au changement d'avis de l’entraîneur français.

Soane est représenté, au début de ce film, comme une personne ne se manifestant que passivement et ne semblant pas être maître de ses propres choix. Dès la proposition séduisante d'un homme, Soane est déterminé à quitter sa terre natale afin de s'émanciper et de partir naïvement en métropole en quête de liberté.

Une lecture politique pourrait être apportée. La question de la colonisation et de ses problèmes. La bi-culture déséquilibrée des anciennes colonies françaises vont mener Soane à un conflit. La culture océanienne basée sur les valeurs et l'honneur est salie par la culture occidentale faisant l'éloge de l'argent et de la possession. Et cela au sein même de la Nouvelle Calédonie. La quête de liberté de notre héros l'amènera donc à faire un choix. Fuyant sa peur d'une sentence paternelle, ce rugbyman dénigrera son tatouage témoin de ses origines.

Peu à peu, il arrivera à faire sa place au sein de cet immense échiquier métropolitain. Pour cela il devra se salir les mains et ainsi devenir un mercenaire, un terme assez triste (surtout au singulier) pour nommer un film qui a pour sujet, entre autre, un sport collectif. Est ce ça « le prix de la liberté » qu'évoque Abraham à l'enterrement du père de Soane et donc d'une partie de lui même ?

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